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  • : Le Blog d'un jeune militant et élu d'Outreau (62)
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  • : Je vous propose de m'accompagner dans mon parcours politique et d'y retrouver l'envie de s'investir
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Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog. J'ai créé celui-ci, afin de partager mon expérience de jeune miltant socialiste et d'élu à la commune d'Outreau. Trop souvent, il est dit que les jeunes ne s'intéressent plus à la politique. Je pense au contraire que la jeunesse se veut citoyenne, mais ses engagements prennent une forme différente. Les jeunes rêvent d'actions immédiates. Ils veulent pouvoir réellement s'engager et ne plus être uniquement des alibis.

Historien de formation, je souhaite vous faire partager mes recherches en histoire sociale.

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Contribution thématique élaborée par la commission nationale de solidarité urbaine

La montée continue de la violence et les émeutes sans précédent de l’automne 2005 soulignent dramatiquement l’ampleur de la « fracture territoriale », qui s’est installée entre les habitants des quartiers populaires et ceux des centres-villes et des zones pavillonnaires. Dans notre société à 80% urbaine, beaucoup de citadins parmi les plus défavorisés et ceux dont les familles ont connu l’immigration, se sentent enfermés derrière d’infranchissables frontières intérieures. La politique de la ville, largement inventée et portée par la gauche, a freiné le processus de ségrégation urbaine, tandis que la droite, en la démantelant, l’a puissamment accéléré. Au-delà du devenir des 6 millions d’individus des quartiers populaires, dont une partie importante de notre jeunesse, c’est un véritable choix de civilisation qui s’offre à nous : la gauche peut-elle éviter à la France la société du ghetto ?

Depuis le dernier congrès, dans le contexte des émeutes de novembre 2005, et malgré une priorité nouvelle, nous avons le sentiment que le Parti n’a pas encore pris toute la mesure de l’enjeu. Par cette contribution au débat, forts de nos origines et de nos parcours militants différents, nous voulons mettre la Solidarité Urbaine au coeur de notre projet, et renouer ainsi le lien historique entre le socialisme et la ville.

 

Vincent LÉNA, secrétaire national à la solidarité urbaine - Claude BOUCHAFA, gestionnaire formation OPAC - Philippe VIGNAUD, architecte urbaniste - Barisa KHIARI, sénatrice – Michèle VITRAC POUZOULET, 1ère fédérale adjointe des Yvelines

 

Enjeu de civilisation

Le problème du séparatisme social en France ne se limite pas à quelques centaines de quartiers dévastés par le béton et la pauvreté. Mais ceux-ci sont la conséquence la plus visible des tensions ségrégationnistes qui traversent toute la société, à commencer par ses élites. Le gonflement des classes supérieures aisées aboutit à un refoulement croissant des catégories populaires hors des centres villes des grandes agglomérations, tandis que se multiplient les enclaves bourgeoises. Le phénomène est d'autant plus préoccupant qu'en enfermant le présent, les fractures territoriales verrouillent aussi l'avenir des individus et les assignent à des destins sociaux écrits d'avance ou les incitent à vivre aux marges du système.

 

6 millions d’habitants abandonnés

La situation sociale continue de se dégrader, dans de très nombreux quartiers populaires de notre pays, au point que l’on peut parler de quartiers en voie de paupérisation accélérée. Beaucoup de quartiers perdent du logement social, avec des démolitions de logements non compensées par des constructions neuves, et par la fuite de ceux qui le peuvent. Dans certains quartiers, la mixité sociale, voire ethnique, n’est plus qu’un lointain souvenir, tandis que le quotidien s’appelle chômage massif, précarité, pauvreté, échec scolaire, discriminations, repli communautaire et violence.

Avec une population au travail qui ne dépasse pas 20% à 30% des adultes, l’accès à l’emploi doit rester la priorité absolue des politiques publiques, même pour ceux qui en sont le plus éloigné, et plus  particulièrement encore pour la jeunesse nombreuse des quartiers. Avec des dispositifs démantelés, des services publics fragilisés, comme l’ANPE transformée en agence de radiation ou comme les missions locales, au bord du dépôt de bilan, l’essentiel des efforts est laissé au bon vouloir des collectivités locales, lorsqu’elles en ont les moyens financiers, des agences d’intérim ou des entreprises privées.

 

La droite a rétréci la politique de la ville

La droite s’accommode, sans le dire, d’une évolution vers le modèle de développement séparé en vigueur dans les pays anglosaxons.

Elle repousse la mise en oeuvre de la loi SRU qui impose à chaque commune d’avoir au moins 20% de logements sociaux et démolit plus de logements sociaux qu’elle n’en construit. Ses gouvernements ont patiemment détricoté l’ensemble de la politique de la ville, dont la police de proximité, malgré les effets d’annonce sans moyens ni volonté politique. Le Président de la République encourage clairement le communautarisme à travers la suppression de la carte scolaire, le développement de l’école privée confessionnelle ou l’encouragement du rôle de la religion dans les rapports sociaux.

La situation explosive de nombreux quartiers populaires rend d’autant plus dérisoires et stigmatisantes les mesurettes présentées par le gouvernement en lieu et place du « plan Marshall » promis par le candidat Sarkozy. D’autant que la politique du gouvernement aggrave de manière scandaleuse les inégalités, à l’exemple de la suppression de la carte scolaire qui va avoir dans les quartiers populaires des conséquences dramatiques pour la mixité sociale et la réussite pour tous.

 

La Solidarité urbaine, nouvelle arme anti-ghettos

Là où la droite a rétréci la politique de la ville à des mesurettes dans quelques « banlieues », la gauche veut l’élargir pour en faire une nouvelle politique de Solidarité urbaine, à l’échelle des bassins de vie. Sur la base de diagnostics de chaque quartier et chaque agglomération, elle réorientera l’ensemble des moyens publics de droit commun vers les territoires fragiles et leurs habitants. Si l’initiative et la mise en œuvre de la Solidarité Urbaine revient très largement aux acteurs locaux, dont les collectivités locales, sa réussite passe par un renforcement du pouvoir de l’Etat. L’Etat doit conditionner l’ensemble de ses moyens à la mise en oeuvre concrète de cette politique : il peut par exemple refuser la couverture de la RN 13 qui coupe Neuilly-sur-Seine, qui coûtera 1 milliard d’euros, ou refuser tous les permis de construire, tant que cette commune ne s’engage pas dans la réalisation des 20% de logements sociaux que la loi SRU lui impose en vain.

 

Aider les communes pauvres, contraindre celles qui refusent la

Solidarité urbaine

La plupart des communes concernées par les quartiers en difficulté sont parmi les plus pauvres de France, alors qu’elles sont confrontées à des défis sociaux sans commune mesure avec les autres. Il est temps que l’Etat instaure une véritable péréquation des moyens en faveur de ces communes, et dispose de nouveaux moyens de contraintes pour celles qui refusent la solidarité urbaine. Cette volonté politique nouvelle et le renforcement des moyens de l’Etat dans ce domaine nécessitera d’inscrire l’objectif de Solidarité urbaine dans la constitution, si elle conduit dans certains cas à limiter la libre administration des collectivités locales qui s’y opposent.

 

Placer la mixité sociale et urbaine au sommet de nos valeurs

Cet effort ne pourra se produire que si le Parti socialiste place l’objectif de mixité sociale et urbaine au sommet de ses valeurs. Ce n’est pas parce que certains quartiers sont en voie de ghettoïsation  sociale et ethnique qu’il faut s’y résoudre et abandonner les autres. Le Parti socialiste entreprendra au pouvoir une véritable renaissance urbaine, à travers le renouvellement urbain des cités-dortoirs ou la construction de centaines d’éco-quartiers nouveaux, et l’intervention massive des services publics, au premier rang desquels l’école de la République. Mais il encouragera aussi l’individualisation des politiques et le brassage des populations, en désenclavant et en ouvrant la ville (au sens de l’agglomération) aux habitants des quartiers, pour leur offrir de nouvelles opportunités de mobilité et de citoyenneté.

 

Parier sur la jeunesse des quartiers

A l’inverse de la droite qui ne perd jamais une occasion de stigmatiser la jeunesse des quartiers, nous devons lui faire confiance et lui donner les moyens de s’émanciper.

Cela passera par un investissement massif dans l’éducation et la culture, à travers de véritables projets éducatifs locaux mobilisant toutes les ressources de la ville et des moyens exceptionnels de l’Etat pour les communes les plus pauvres. Des universités populaires Condorcet associant Etat, collectivités locales et associations d’Education populaire pourraient être créées pour offrir à ceux qui sortent du système éducatif sans diplôme ou qui souhaitent se former de nouvelles opportunités de développement personnel.

La prévention des comportements à risque (alcool, toxicomanie, suicide…) et la santé feront l’objet d’efforts spécifiques. La citoyenneté sera encouragée sous toutes ses formes, y compris par le droit de vote local enfin accordé aux étrangers qui en sont privés.

 

Militer pour la solidarité urbaine

Notre parti doit en faire un enjeu de civilisation pour toute la société, en multipliant les occasions de mobiliser l’opinion. C’est un enjeu de militantisme au quotidien, car c’est à l’individualisme forcené que l’exclusion sociale et territoriale prend sa source. Chacun doit se sentir concerné par l’enjeu de la mixité, de la solidarité et du refus des discriminations.

Le PS doit y être plus présent, s’ouvrir à de nouveaux adhérents, soutenir et promouvoir ceux qui s’engagent, dans la vie militante, associative ou syndicale, et offrir un débouché politique aux aspirations des habitants. Le militantisme qui doit s’y développer, par exemple pour la laïcité républicaine, pour l’éducation, pour le droit au logement ou contre les discriminations, est une source d’inspiration et de renouveau, en plus d’un enjeu électoral majeur. Ça et là peuvent être encouragées des écoles du Parti, qui contribueraient à la promotion sociale et à l’épanouissement des militants.

Notre parti à tout à gagner à cette ouverture et à participer à ces nouvelles luttes sociales, s’il veut retrouver une pleine légitimité auprès des classes populaires.

 

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Alors que la droite a décidé d’abandonner la ville aux forces du marché et de la peur, la gauche doit se donner les moyens de construire la société urbaine de l’égalité et du vivre ensemble. La Solidarité Urbaine, c’est le projet de la dernière chance pour restaurer la République pour tous. Le parti socialiste puisera dans cette ambition nouvelle une énergie essentielle à son renouveau.

 

 

Liste des signataires :

Vincent LÉNA, secrétaire national à la solidarité urbaine - Claude BOUCHAFA, gestionnaire formation OPAC - Philippe VIGNAUD, architecte urbaniste - Barisa KHIARI, sénatrice – Michèle VITRAC POUZOULET, 1ère fédérale adjointe des Yvelines

Marc-Antoine JAMET, délégué au renouvellement urbain du PS - Mohamed MOULAY, délégué fédéral à la solidarité urbaine - Christiane DEMONTÈS, 1ère secrétaire fédérale du Rhône, Sénatrice-maire de Saint-Fons - Brigitte BOURGUIGNON Adjointe au maire de Boulogne sur Mer - Corinne BORD – Fayçal DOUHANE - Nicolas RAMEAU - Anne de HAUTECLOCQUE --Teddy LAUBY - Eric LOISELET - Olivier HUYGHE - Sylvie DELBART - Vincent CHARLOT – Alexis LASSEUR

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